Une entame délicate, de premiers écarts

ATTWELL Pierre Louis – KERDUEL Alois – VOGUE AVEC UN CROHN; plan finot conq 2014; pogo S3

Partis hier en tout début d’après-midi des Sables d’Olonne, alors propulsés par un flux d’ouest soufflant entre 13 et 14 nœuds, les 23 duos toujours en lice dans la 8e édition de la Les Sables – Horta – Les Sables (le duo Charles de Coquet – Thierry Duprey du Vorsent ayant officiellement abandonné dans la soirée après avoir constaté l’étendue des dégâts sur son Class40 à la suite de sa collision avec Milaï) ont connu un début de course compliqué. En cause : une petite dépression orageuse plantée au milieu du golfe de Gascogne. Cette dernière a, comme on s’y attendait, semé la zizanie au sein de la flotte. Une flotte qui, quelques heures seulement après le départ, a vu les conditions se corser avec tantôt des zones de molles, tantôt des passages de grains. « La nuit a été délicate. On a régulièrement traversé des zones de calmes. Ça a vraiment été compliqué de faire avancer le bateau et de gagner vers le but mais on est resté dessus. On n’a rien lâché. On fera les comptes une fois que l’on sera passé de l’autre côté de ce système », a indiquéValentin Gautier, skipper de Banque du Léman relégué, ce lundi après-midi, en 17e position au classement. Un classement qui donne, pour l’heure, l’avantage aux concurrents faisant route au plus près de la route orthodromique. La raison ? Depuis ce matin, ils bénéficient de plus de pression que leurs concurrents plus au nord. Ainsi, quand le petit groupe emmené par le tandem Hervé Thomas et Gérald Veniard sur Saint-Yves Services, cavale entre 6 et 7 nœuds, la bande des « nordistes » (dont les plus extrêmes, Jonas Gerckens et Benoît Hantzperg (Volvo), ont passé une grande partie de la nuit à réparer leur spi déchiré sur près de 10 mètres de longueur lors du parcours de dégagement en baie hier) peine à dépasser les 4 nœuds. « On a tricoté un peu comme on pouvait toute la nuit, sous gennaker. On a dû pas mal barrer parce que le pilote n’arrivait pas du tout à gérer dans la pétole. Depuis ce matin, les dauphins sont là et ça glisse gentiment avec 5 nœuds de vent. On fait du sud, on fait de l’ouest… Bref, on essaie de s’en sortir », a commenté pour sa part Stan Thuret, skipper d’Everial. La bonne nouvelle, c’est que la « délivrance » est proche car si, dans l’immédiat, les duos bataillent toujours dans les petits airs (ils n’ont parcouru que 120 milles depuis le départ !), ils vont récupérer le fameux flux de nord-ouest qu’ils attendent tous impatiemment, en fin d’après-midi. Les vitesses des uns et des autres, en premier lieu celles des plus au sud, vont ainsi s’accélérer avec ce nouveau vent d’une quinzaine de nœuds qui ne va faire que se renforcer sur la route du cap Finisterre. Un cap que, selon les derniers routages, les premiers devraient déborder demain, en fin de journée.