En route pour un retour express

162 TREHIN Axel – DENIS Frederic – PROJECT RESCUE OCEAN

Si l’aller jusqu’aux Açores a été lent et compliqué pour les duos de la 8e édition de la Les Sables – Horta – Les Sables, le retour s’annonce tout schuss, en tous les cas pour les bateaux de tête. L’arrivée d’une nouvelle dépression secondaire avec un front froid actif associé va, en effet, générer un vent de secteur ouest sud-ouest soufflant entre 20 et 25 nœuds (jusqu’à 30 dans les rafales), sur la route de la Vendée. Ça va donc dépoter à vitesse grand V, au portant, ce qui n’est, évidemment, pas pour déplaire aux marins, soulagés d’en finir avec quatre jours chaotiques, au près. « On est content d’envoyer le spi, de naviguer un peu moins gité et surtout d’aller dans le même sens que les vagues. On s’est bien fait secouer pendant les derniers jours. Place, désormais, aux glissades et au confort ! », a commenté Antoine Carpentier qui espère profiter de ce long run de vitesse plein gaz pour revenir sur le tandem Axel Trehin – Frédéric Denis. Ce dernier, installé aux commandes depuis la mi-journée de vendredi continue, pour l’heure, de caracoler en tête avec une avance de 6 milles sur ses rivaux à bord de Redman. Une avance finalement restée sensiblement la même qu’avant le passage de la bouée de Horta, mouillée juste à l’entrée de la Marina de Faial où Armando Castro, le responsable du cabinet des opérations nautiques des ports des Açores, et son équipe effectue un pointage à mi-parcours.

Pas de redistribution des cartes à Horta pour les leaders

A cette marque, le binôme de Project Rescue Ocean est ainsi officiellement passé à 5h29 (heure de Paris), ce dimanche, devançant alors Antoine Carpentier et Mikaël Mergui de 1h04, puis de près de six heures Ian Lipinski et Ambrogio Beccaria, respectivement pointés à 6h33 puis 11h27. S’il a été ralenti, tous comme ses concurrents, le leader a toutefois débordé sans encombre l’archipel où, comme il pouvait le redouter, la donne aurait pu être totalement relancée. « On a eu le droit à un beau panel d’effets de site entre effet Venturi, vent adonnant, vent refusant, vent catabatique et grosses molles aux abords de Faial. Heureusement, on a été épargné par les tampons au vent de Graciosa et São Jorge ! », a relaté Axel Trehin, forcément un peu frustré de ne pas faire escale à Horta cette année, en raison du contexte pandémique. « Qu’est-ce que c’est cruel de passer au milieu des îles et de contourner une bouée suffisamment près de la jetée pour distinguer nettement le confort des hôtels et restaurants – ainsi que l’ivresse des comptoirs – qui nous tend les bras, sans s’arrêter pour en profiter ! », a déclaré le skipper qui reste cependant pleinement concentré pour aller chercher une nouvelle victoire après celle décrochée le mois dernier, dans la Normandy Channel Race. « Notre bateau est dans un état impeccable pour attaquer le retour vers les Sables d’Olonne », a assuré l’ancien Ministe. Ce n’est malheureusement pas le cas de tous ces concurrents, nombreux à déplorer quelques « bobos » après six premiers jours de course éprouvants.

Différence de menu pour les premiers et les retardataires

 « Heureusement, on voit le bout de ce long louvoyage face au vent. Ça va faire du bien pour le moral d’arrêter de planter des pieux. Les fronts, ce n’est quand même pas très drôle. Dans certaines vagues on a l’impression que le bateau va se désintégrer. Ou la tête à cause du bruit », a commenté, non sans humour, Pierre Casenave-Péré (Legallais) qui devrait, pour sa part, déborder la bouée de Horta dans la journée de demain. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, d’ores et déjà, quelques concurrents réfléchissent à faire escale pour effectuer un peu de bricole à Faial, lors de leur passage. Petite subtilité toutefois, un pit-stop sera, a minima, sanctionné d’une pénalité de 12 heures, ce qui peut naturellement faire hésiter… notamment pour être sûr de ne pas finir hors-temps. Et pour cause, si le premier groupe va, on l’a dit, progresser rapidement vers Les Sables d’Olonne, les poursuivants risquent de passer aux Açores trop tard pour bénéficier des mêmes conditions. Il est, en effet, plus que probable qu’ils aient à batailler avec un anticyclone se reformant à l’Est de l’archipel portugais, avec ses zones de vents plus faibles et de calmes, ce qui ralentira nettement leur progression. « Ça ne va pas revenir par l’arrière lors de cette édition, ça s’est sûr », a indiqué Denis Hugues, le Directeur de course dont les derniers routages laissent aujourd’hui envisager une arrivée en baie des Sables d’Olonne le jeudi 8 juillet, en milieu de nuit.