Nouvelles de bord du 5 juillet

147 THURET Stanislas – JOURDAIN Rolland – EVERIAL

Message de Stan Thuret (Everial)

« Le passage dans les îles des Açores a été à la fois magique et tragique. Ca a été incroyable d’arriver avec un coucher de soleil et d’imaginer ce sentiment un peu particulier des explorateurs ayant découvert de nouvelles terres dans les années 1400. C’est toujours génial de sentir les odeurs de la terre. Un grand merci à Armando qui est venu nous accueillir et nous témoigner sa sympathie. C’est un grand Monsieur. A présent, on est reparti. Il fait gris. La route n’est pas du tout tracée comme prévu. Comme d’habitude, elle est plus facile pour ceux de devant que pour ceux de derrière. Maintenant, on a un nouveau casse-tête météo pour savoir comment rentrer. »

Message de Franz Bouvet (Yoda)

« C’est mieux sous gennaker avec 17 nœuds de vent ce matin, qu’au près et avec 30 nœuds hier soir et cette nuit. Il faut inventer un Class40 qui ne tape pas dans la mer. On approche de Horta, et on a de plus en plus envie de s’y arrêter. »

Message de Valentin Gautier (Banque du Léman)

« Nous rencontrons des conditions météo démentes et je suis assigné avec un psychopathe à la barre qui ne fait que border au moment où le bateau est complètement sur la tranche et que des geysers d’eau sont propulsés sur les côtés ! La monture, lancée tel un bolide, se dresse, se cabre sur les vagues puis transperce la flotte… Bon, en vrai, pas tout à fait ! (Rires) Plus sérieusement, on est actuellement au reaching. Ça bombarde pas mal. On a passé le front dans la nuit. Il commence à faire beau. On observe des petits nuages de traine. C’est joli, la mer est bleue et on fait route plein gaz vers la maison ! »

Message de Ian Lipinski (Crédit Mutuel)

« On n’a pas trainé cette nuit ! Il faut essayer de tenir le wagon de la dépression qui
se trouve devant nous…. Pour l’instant on réussit à se maintenir, voire à la rattraper un peu. Ca envoyait sévère cette nuit. On serre un peu les fesses, mais ça passe pour le moment ! Tout va bien à bord. Ce sont des moments magiques ! Quelle chance de vivre cela ! »

164 GERCKENS Jonas – HANTZPERG Benoit – VOLVO

Message de Benoît Hantzperg (Volvo)

« Après la longue montée de la pente, on est passé en mode descente express ! Le bateau file à plus de 20 nœuds. La bascule va bientôt arriver pour faire route directe vers les Sables d’Olonne, avec une pente plus douce. Notre passage à Horta a été agrémenté d’une montée en tête de mât pour changer l’aérien perdu 48 heures plus tôt. La baie de Horta et son accalmie ont bien aidé à réaliser l’opération sans bobo. Armando (Castro) et quelques copains belges étaient là. On est bien triste de pas avoir pu trinquer avec eux, mais ce n’est que partie remise. »

Message d’Axel Trehin (Project Rescue Ocean)

« Quelle nuit ! Et dire que ça va être encore comme ça toute la journée ! On a attaqué la fin d’aprèm hier sous grand spi et GV haute, et on a réduit petit à petit, au fur et à mesure que le vent montait et que la mer se formait…  Autant dire que ce matin, il ne reste plus beaucoup de bâche en l’air ! On a sans doute gardé le spi medium un peu trop longtemps. On a fini par s’affaler dans 32 nœuds de vent. On ne faisait pas les canards dans la nuit noire ! En réduisant, on pensait calmer le jeu, mais moins de cinq minutes après, bim, pointe à 28 nœuds ! Nouveau record de vitesse du bateau ! Comme on est des gens raisonnables, on a encore assagi la config, l’idée étant quand même de ramener un bateau en bon état aux Sables d’Olonne. Ça n’a pas empêché le record de vitesse du bateau d’être une nouvelle fois battu, avec ce coup-ci, 28,4 nœuds. Ce sont vraiment des machines de guerre ces bateaux ! A présent, il fait jour et on se rend un peu plus compte de ce que l’on fait mais du coup, c’est mieux de fermer les yeux ! »

157 LEFEVERE Thibault – BULCKE Thomas – FREE DOM

Message Thibaut Lefevere (Free Dom)

« J’espère que cela sera mon dernier mail penché ! Ce troisième front au près nous donne du fil à retordre. Il n’est pas plus actif que les précédents, mais nous avons une mer courte et hachée qui fait que ça tape beaucoup, beaucoup. Parfois nous avons peur pour la structure. Souvent, nous souffrons pour notre joli bateau. Nous avons entre 22 et 28 nœuds au 270, et filons à 8,5 nœuds sous trinquette un ris pour essayer de rattraper les copains qui ne nous laissent pas beaucoup d’occasions. C’est sympa : nous allons être six bateaux à arriver dans la matinée à Horta. Ca promet une belle bagarre pour le retour car il y a pas mal d’options sur le parcours. Avec l’anticyclone qui arrive à Horta, ça va clairement filer par devant. Nous allons repartir au petit trot. L’ambiance à bord est bonne. On enchaine les quarts. Cette nuit, ça mouille et il fait très noir, donc nous faisons les quarts depuis l’intérieur, assis dans la descente, l’écoute de chariot de GV à portée, « just in case ».  On est un peu fatigués de ces cinq jours au près et tellement heureux d’atteindre la rédemption ! On a gardé des petits saucissons secs pour la bouée à Horta. Ca remplacera le repas de famille du dimanche midi loupé. Je suis encore étonné de notre capacité d’adaptation. Nous vivons comme des animaux. Tout est un process : manger, se laver les dents, se changer (s’il reste des vêtements secs), aller au petit coin. A chaque mission, un plan est établi et souvent semé d’embuches, comme une vague plus joueuse que les autres. Nous avons toujours nos petits problèmes de fuites, mais avons mis en place un système d’écopage pour maintenir le niveau d’humidité au plus bas ! »

160 MAGRE Olivier – MAGRE Antoine – E LECLERC VILLE LA GRAND

Message d’Antoine Magré (E. Leclerc Ville La Grand)

« Aujourd’hui il fait beau et ça fait du bien, même si le près dans la mer formée reste très humide. On a croisé Project Ocean Rescue puis, deux heures plus tard, Crédit Mutuel. Les deux qui filaient à 18 nœuds sous grand spi ! Ça faisait vraiment envie ! On a quelques belles photos de Ian et Ambrogio qui sont passés juste à côté et avec lesquels on a pu échanger quelques mots et encouragements. Pour nous, le planté de pieux jusqu’à la fameuse bouée rouge continue, mais de savoir que c’est la dernière nuit avant de faire demi-tour est encourageant. Attention toutefois à ne pas trop s’exciter car la route du retour n’est pas simple… En effet, les premiers bénéficient d’un système qui les ramène direct aux Sables (ou presque). Nous, on va rater ce train-là donc après cet email, je vais faire mes devoirs de météo… A première vue, il y a une route nord qui va chercher du vent qui arrive de Terre Neuve. On verra si c’est ça ou alors une route plus directe et plus sud, mais qui comporte du près et du petit temps (beurk !) Dans tout ça, les souvenir de l’édition 2017 et de la semaine passée entre coureurs à Horta reviennent, et on avoue qu’heureusement qu’on n’arrivera pas là-bas à l’heure de l’apéro car la tentation de prendre à droite dans la Marina pour un Gin’to chez Peter serait trop forte ! Une prochaine ! »

Message d’Antoine Carpentier (Redman)

« La nuit dernière, nous avons passé la bouée de Horta, dans la pétole du dévent de Faial. Nous avons eu la visite d’un comité d’accueil en plein milieu de la nuit mais quel dommage de ne pas avoir pu s’arrêter pour le remercier d’être venu sur l’eau nous soutenir. Après la journée de samedi où rien ne c’était passé, nous avons eu notre lot de manœuvres. A présent, nous voilà au portant. Le portant tant attendu ! C’est le bonheur intégral ! Les vitesses nous permettent d’espérer un retour aux Sables d’ici trois grosses journées, avec sûrement un nouveau record de 24 heures. Il y aura bien un des trois bateaux de tête pour le battre ! C’est Ian Lipinski, sur Crédit Mutuel, qui le détient, et au vu de ses dernières moyennes c’ est bien possible que ce soit lui qui améliore son record ! Niveau classement, on s’est fait un peu distancer par Axel et Fred. Je pense que c’est parce qu’on a tardé à prendre notre second ris dans la GV, et peut-être aussi parce qu’on a fait beaucoup de changement de voiles … mais le point positif, c’est qu’on engendre de l’expérience et des données pour faire évoluer le jeu de voiles. La mer s’est formée tout au long de la journée, et n’est pas hyper bien rangée (on a deux trains de houles qui se croisent). Ce n’est donc pas facile de trouver les bons sets de voiles. Niveau paysage, on est passé de nuit à Horta mais on a vu Graciosa. Les réseaux terrestres nous ont permis d’envoyer quelques vidéos et photos, et d’appeler nos proches. Nous avons eu la visite de dauphins qui ont fait la course avec nous, et avons même croisé une tortue de taille moyenne – 40 cm de diamètre. On a hâte de retrouver la terre ferme, et on ne lâche rien, même si devant ils ont l’air d’être bien motivés à conserver leur place de leader. Il reste encore des coups à jouer ! Le bateau va bien et les gars aussi ! »