Nouvelles de bord du 2 juillet

Message de David Sineau (Crosscall)« Un peu de bricolage à bord de Crosscall, ce qui nous a obligé à ralentir. Après un reaching bien nerveux qui nous a permis de voir ce que le bateau a dans le ventre, nous avons décidé de la jouer prudents. Ça cogne fort et nous avons encore de longues heures de près sur notre bateau tout juste né. On ne serait pas contre un petit check complet, alors mollo ! Qui va piano va Sineau ! »

151 AUDIGANE Sebastien – JAMBOU Francois – ENTREPRENEURS POUR LA PLANETE

Message de François Jambou (Entrepreneurs pour la Planète)

« Tout va bien à bord après le vent et la forte mer d’hier. Ca fait du bien de retrouver un peu de soleil. Bon, on préférerait être au portant, mais ce sera pour plus tard. La vie à bord du Mach 40.3 est super confortable : l’unique pièce à vivre a plusieurs possibilités d’aménagement, la configuration du lit est des plus modernes. Celui-ci affiche un certain style « romain underground ». On peut y manger aussi bien qu’y dormir. On le déplace latéralement, selon les directives du capitaine, mais je n’ai pas bien compris l’utilité du changement de place. C’est vrai, on pourrait le laisser du côté ou ça penche, là on serait bien calé ! Eh bien non. Il paraît qu’il faut tout matosser et l’équipage aussi. Quelle vie ! Au fait, quel est ce terme barbare ? Matosser… invention d’un certain Mich Dej’, un gars qui a à peu près gagné toutes les courses à la voile… parce qu’il matossait lui ! Mais revenons à notre cher Mach 40.3 et son intérieur jaune. On arrive quand même à cuisiner et le réchaud suspendu sur cardans haubanés, fixé au capot moteur, fonctionne à merveille. Heureusement, car le capitaine n’arrête pas de boire du café « sin leche », et en plus il a bon appétit le bougre !  Lui et son second ne sont pas en reste de nourriture ! Il y a deux jours, alors que la traversée de la dorsale Ibérique s’éternisait, une sorte de rougail – saucisses – pâtes est sortie de la cocotte en une quinzaine de minutes. Alors le top du top, dans ces bateaux de course, il faut dire, ce sont les toilettes et la salle de bain. Pour les amoureux de la nature je conseille vivement. Ça fait prendre conscience de certaines choses. Les toilettes ont vue mer en toutes circonstances ou presque, et la salle de bain, en extérieur également, possède différentes options, avec douche puissante ou spray tonique selon la carte des vents. Heureusement que les îles arrivent bientôt. »

159 GAUTIER Valentin – KOSTER Simon – BANQUE DU LEMAN

Message de Simon Koster (Banque du Léman)

« C’est du près. Du près qui tape. Du près avec un vent pas très stable en force. Du près avec des virements. En clair, c’est du boulot, et ça fait beaucoup râler Valentin 😉 C’est aussi du près avec des petits soucis électroniques. C’est toujours sympa la petite panne, la nuit, juste avant de virer dans 25 nœuds.  Mais ce matin, c’est beaucoup plus agréable, avec le soleil qui se lève et la mer qui se range un peu. Reste à essayer de tirer des bords pas trop carrés jusqu’à Horta pour gagner le droit de hisser un spi, enfin j’espère ! Je n’ai pas encore regardé si loin ! »

Message de Kévin Bloch (Legallais)

« Ah les Açores… Ces îles situées en Atlantique et qui ne paraissent pas si loin à l’échelle de l’océan. On se dit (généralement bien au chaud, l’hiver, autour d’un feu) « tiens, il y a une course qui part des Sables d’Olonne et qui y va. Si on y participait ? Ça nous fera prendre un peu l’air ! ». Et bien l’air, on le prend bien en ce moment … et les Açores, petite précision, c’est loin ! Pour ne rien vous cacher, la route est devenue un peu cabossée ces derniers temps … quelle idée de mettre des dos d’ânes tous les 10 mètres ! On se disait à bord que les passages de front permettent de bien comprendre la mentalité du marin. Quand on y est et qu’on se fait un peu « taper dessus », on se promet qu’on ne nous y reprendra plus … puis le dernier grain fait place au soleil, le vent faiblit un peu, l’équipage se regarde, se sourit et se dit : « bon c’était marrant quand même, non ? ». Et voilà comment régulièrement on se retrouve à vivre penché en direction des Açores. »

147 THURET Stanislas – JOURDAIN Rolland – EVERIAL

Message de Stan Thuret (Everial)

« On est content parce qu’on est là où on voulait être. Hier, ça a bien marché. Bilou a tartiné. Moi, je n’aurais pas osé pousser le bateau aussi vite, mais on a fait vraiment de très belles moyennes sans rien casser. C’était impressionnant. Maintenant on est au près. On a encore trois jours avec le vent dans le nez. Je ne pensais pas qu’on irait entièrement à cette allure jusqu’aux Açores. »

Message de Ian Lipinski (Crédit Mutuel)

« On se dit avec Boggi, que ça aurait été une petite punition de venir aux Açores en Mini 6.50 ce coup-ci ! En Class40, ce n’est, certes, pas très confortable de passer des fronts et de faire du près, mais globalement, ça se passe bien quand même. La vie à bord est presque agréable, bien que penchée. On réussit à maintenir un environnement intérieur presque sec… Bon…. Si on peut éviter tout le retour dans du nord-est, on est preneur ! Actuellement, on navigue bâbord amure dans 15-17 nœuds de sud-ouest. La mer est formée et croisée. Très agitée pourrait-on dire. Les bords sont un peu obligatoires et assez calés jusqu’aux Açores. Pas de quoi tenter de coup d’ici là. Alors on se concentre sur notre route et notre vitesse. Notre rythme du large aussi, en veillant à dormir et à manger suffisamment. On surveille aussi en permanence le matériel, l’énergie, le pilote… On a croisé pas mal de baleines ou de cachalots depuis le départ. Quelques dauphins aussi. Depuis deux jours, les puffins nous survolent quelques fois. J’ai fait ma traditionnelle explication à Ambrogio sur le vol des oiseaux marins : comment font-ils pour voler sans battre des ailes…. Je viens d’avoir un petit stress en découvrant que la bouteille de gaz du « jet-boil » était vide…. En fait elle était juste dévissée…. Ouf ! Pas envie de manger des lyophilisés réhydratés à l’eau froide:) On a quand même une bouteille de secours, mais c’est moins confort de naviguer sans savoir vraiment s’il reste beaucoup de gaz. Voilà les petits tracas de notre bord…. C’est que tout va bien en somme ! »

98 CAUWE Maxime – Bonnier Jules – TBD

Message de Maxime Cauwe (Avanade)

« Après la pétole, la portière. Comprenez qu’on est bien penchés. C’est cool pour la vitesse, un peu moins pour le classement. Du coup, on attaque tant qu’on peut en essayant de pas casser. Pour l’instant, on déplore une écoute abimée et un doigt cassé… un doigt de winch, entendons-nous bien ! Ce bord est le début du grand large et ça c’est cool. La couleur de l’eau est différente je trouve, mais peut être que je m’enflamme. Comme dirait l’autre : on est mieux là qu’en garde à vue. Je vous laisse parce que si mon co-skipper me voit faire autre chose que régler, ça va barder ! »

Message d’Antoine Carpentier (Redman)

« Les dernières 24 heures ont été éprouvantes. Hier matin, sous gennak dans 18-20 nœuds de vent à près de 18 nœuds de moyenne, le bateau s’envolait dans les vagues. La vie à bord était bestiale. Nous sommes revenus au moyen de déplacement de nos ancêtres, à quatre pattes. Pour nous alimenter, nous avons fait au plus simple en mangeant froid. Nous avons vécu dans nos cirés trempés pendant toute la journée. Le sommeil, n’en parlons pas. Rien n’est simple quand on vit dans ces bateaux avec ces conditions. Heureusement pour nous, depuis, c’est redevenu plus calme. Un calme somme toute relatif. Le bateau continue de taper, mais sans atterrissage violent où on a l’impression que le bateau va se disloquer. Nous n’avançons plus qu’à 9 nœuds et le stress est un peu retombé. La bataille avec Project Rescue Ocean nous a obligé à prendre des risques. Mikaël et moi n’aimons pas trop cette façon de naviguer, peut-être parce que nous partageons les mêmes valeurs, notamment celle du respect du matériel ! Nous avons, par ailleurs, eu la visite de dauphins bien toniques puis assisté à un magnifique lever de lune. Autant, il y a quelques heures, nous aurions bien échangé nos places, autant maintenant, nous nous sentons privilégiés.  Nous avons aussi pêché un crabe à une pince ! Comment a-t-il pu atterrir à bord ? C’est un mystère… »

160 MAGRE Olivier – MAGRE Antoine – E LECLERC VILLE LA GRAND

Message d’Antoine Magré (E. Lerclerc Ville La Grand)

« Après une journée qui ressemblait plus à un chemin de croix dans la pétole, on a enfin touché de l’air hier soir tard, et depuis ça fonce ! On n’a pas d’objectifs de classement, mais l’envie d’arriver assez vite à Horta car les trois-quatre prochains jours de près ne font pas envie, et on préfère la perspective du retour au portant (on croise les doigts pour que la météo ne change pas d’ici là !). La vie à bord se passe bien, surtout depuis qu’on a découvert les plats faits par le chef 2 étoiles Ronan Kervarrec (frère de Yannick). On se dit que ce sera dur de revenir à nos autres plats car il en reste pour seulement deux jours… En termes de concurrents, on n’a pas croisé grand monde, sauf les Suisses (Valentin Gautier et Simon Koster sur Banque du Léman) hier matin, mais ils ont été meilleurs dans la chasse aux risées. »

Message d’Olivier Delrieu (Vicitan II)

« Pas d’avarie à bord. Didier vous demande très poliment de prévoir du portant pour TOUT le retour ET de reprogrammer l’escale de Horta ! (Rires) On a relevé une pointe à 32 nœuds de vent, hier, au passage du front qu’on a négocié avec deux ris et trinquette. R.A.S. depuis. »

Message de Jonas Gerckens (Volvo)

« On est au près dans une mer formée et le bateau est sur la tranche. En début de nuit, on a passé le front. Petite manœuvre sympa : enroulé de petit gennak et de trinquette pour passer sous génois avec virement dans la foulée, puis matossage. On a pris une bonne suée ! On pense être à Horta dans 48 heures, environ. On cravache pour rattraper notre début de course ! ».