Nouvelles de bord du 6 juillet

153 BERRY Luke – DARAMY Jean Baptiste – LAMOTTE MODULE CREATION

Message de Jean-Baptiste Daramy (Lamotte Module Création)

« Le lundi, ce n’est pas forcement ma journée préférée, mais là, rien à dire. Petit gennaker de capelage, sur la route, on a juste renvoyé au petit matin notre ris et c’était parti. Par contre, il y a du boulot de réglage permanent. Le vent est toujours super instable. On a fait des pointes à 21 nœuds de vitesse. Les nouveaux Scows nous impressionnent. Félicitations à Crédit Mutuel pour ses excès de vitesse ! Cette nuit, on a pris un gros poisson dans la quille. On était à 100% des polaires, puis d’un coup on s’est retrouvé 50%. En fin de surf, j’ai senti qu’on prenait un truc dans la quille. Je fais le tour du bateau, mais je ne vois rien. Ça vibre dans la quille… Je réveille Luke. Bazar habituel : roulé J2, gennaker et marche arrière… De nuit que du plaisir… En 15 minutes, on avait tout remis en ordre. Ça a fait faire un petit peu de gym, on ne va pas se plaindre… Il y a deux ans j’avais été hyper étonné par le froid sur cette course… Pour une course d’été, ça caille toujours grave ! On est habillé comme en hiver, et vous imaginez l’humidité… En tous les cas, ce retour est top ! Pourvu que ça dure… »

Message d’Aurélien Ducroz (Crosscall)

« La question du jour :

Comment et par ou terminer ?

A) Tout droit

B) Par le Nord

C) Très bonne question

D) La réponse D

Envoyez-nous votre réponse par SMS au 10 22 22. La gagnante ou le gagnant sera tiré au sort parmi les bonnes réponses et se verra offrir un séjour à Horta !

Bonne chance à tous. All good on board ! »

101 SUZUKI Masa – BEAUGE Anne – MILAI

Message d’Anne Beaugé (Milaï)

« Tout va bien à bord du 101. Rien à déplorer. Passage de la bouée de Horta hier, à 21:30 UTC +2. Nous avons cru que nous ne verrions pas les îles à travers le crachin et les épais nuages. La nuit précédente était ventée (25-27 nœuds), avec une mer très courte et dure. L’angle n’était pas terrible. Nous avons atterri sous Graciosa. Son dévent s’est bien géré, le tampon à la pointe de São Jorge un peu moins. L’arrivée à Horta a été magnifique, avec des nuages qui se déchiraient et découvraient les falaises. L’accueil d’Armando a été chaleureux. On a pris conscience d’à quel point il était étrange et triste de ne pas s’arrêter à Horta, surtout que la route qui nous y a menés n’a pas été des plus faciles, ni des plus agréables ! »

162 TREHIN Axel – DENIS Frederic – PROJECT RESCUE OCEAN

Message d’Axel Trehin (Project Ocean Rescue)

« Redman est bien revenu, du coup on attaque autant qu’on peut dans la fin du vent fort en ce moment. Au niveau vie à bord, ce n’est quand même pas facile de faire grand-chose. On est en mode grignotage depuis dimanche, et côté hygiène, c’est le néant. Prévenez le contrôleur sécu qui viendra vérifier les plombages à l’arrivée qu’il faudra prévoir autre chose qu’un masque FFP2 pour respirer à l’intérieur du bateau, même si je ne désespère pas de manger chaud et de me doucher en fin de journée ou demain ! Après une première transition vers du vent moins soutenu et plus refusant d’ici deux heures, on devrait finir avec du vent plus faible sous spi en fin d’après-midi, ce qui pourrait nous permettre de retrouver des conditions de vie à bord plus acceptables ! La route pour la fin n’est pas encore hyper calée, même si je commence à avoir une bonne idée de ce que je veux faire. Il reste encore du jeu ! »

145 CASENAVE PERE Pierre – BLOCK Kevin – LEGALLAIS

Message de Pierre Casenave-Péré (Legallais)

« La remontée depuis Horta se passe, jusque-là, dans des conditions bien plus clémentes que la descente. On a même pu envoyer un spi hier, pour la première fois depuis le cap Finisterre. On est maintenant de retour sous gennak et ça glisse, donc le moral va bien ! L’accalmie derrière le front nous a permis d’attaquer un peu la bricole du bateau. Il reste du mille, donc faut prendre soin de la machine ! La machine à laver s’est transformée en sèche-linge l’histoire de quelques heures. C’est quand même plus agréable des cirés secs ! Bon, par contre, les petits copains de derrière sont allés un peu vite à notre goût dans la nuit. On reste concentré et on essaye de s’accrocher à Everial ! »

Message de Jonas Gerckens (Volvo)

« On s’est bien reposé depuis hier. On enchaine de longs quarts ! On est content de notre gain sur Crosscall. On arrive à bien faire marcher le bateau. Un bateau qui reste toujours aussi gité et bouge toujours autant ! Seul point noir au tableau : on est la fin de la cochonaille et ça, ça craint ! On espère arriver samedi au vu de la météo, mais bon, on ne sait jamais. »

Message de Ian Lipinski (Crédit Mutuel)

« Voile explosée stop. Changement plus grosse stop. Chaud stop. Vrac stop. Gros vrac stop. Arrêté 45 minutes stop. Rangement une heure stop. Repartis stop. Far from over. Terminé. »

Message de Valentin Gautier (Banque du Léman)

« La nuit a été de nouveau assez rapide. On est dans une tranche de vent qui nous permet tout juste de porter le grand gennak, du coup ça bourrine un peu et c’est un peu sport. Le bateau est un peu chargé. Il y a des nuages assez pêchus. On a fait un joli vrac au milieu de la nuit. En gros, on a 20 nœuds de vent et parfois sous les nuages, on tape les 30 nœuds. Le ciel est bien pourri ce matin mais c’est un peu monotone. On fait un long bord de reaching en direction de la côte. Ça va vite, c’est marrant, parfois on serre un peu les fesses mais au bout d’un moment on s’ennuie un petit peu aussi, il faut dire ce qui est. »

Message d’Olivier Delrieu (Vicitan II)

« Tout va bien. Hier, nous avons toutefois perdu notre girouette fixe ET notre aérien de
secours la nuit précédente. Pourvu que le principal tienne. Cette nuit, nous venons de finir un bord rapide au 120° et le routage semble fiable pour une fois… Le moral est donc bon. Beau moment dans la baie de Horta où cinq bateaux se sont retrouvés quasiment en même temps. Didier souligne toutefois la cruauté de passer devant chez Peter sans s’arrêter. Pour ma part, je pense comme Moitessier que le but est dans le chemin. »

Message de Thomas Bulcke (Free Dom)

« Quelle journée nous avons passée !  S’il y a bien un sport dans lequel l’aventure reste omniprésente, c’est la course au large. La nuit du 04/07, nous avons subi au près. C’était brutal. Quitte à subir, nous avons décidé, avec Thibaut, de rester au sec. Le bateau, le pilote sur mode vent, nous sommes restés toute la nuit à l’intérieur. Nous faisions quand même des quarts, mais celui de veille restait à l’intérieur. Nous ne sommes pas sortis de la nuit, n’avons pas touché aux écoutes ni regardé les voiles. Nous avons utilisé ce temps pour recharger nos batteries dans un duvet, sec et surtout peaufiner la météo d’arrivée à Horta et de retour vers la maison. Nous avons passé chacun au moins deux heures à faire des routages et à étudier nos options (ça occupe c’est mieux que de compter les moutons). Stratégie payante, ce matin, en arrivant aux Açores, nous avons tout de suite renvoyé le spi et changé le J2 pour le J1. Nous sommes arrivés à fond sur Faial. De toutes façons, le décor n’était pas au rendez-vous, car pas de visibilité. Même à cinq miles, nous n’avons pas vu le mont Pico, point culminant du Portugal, haut de ses 3000 mètres ! Super paysage le long de l’île de Horta : de belles falaises avec des étendues vertes, un peu comme la côte sud irlandaise. Beaucoup de souvenirs aussi, car nous avons passé un mois aux Açores lors de notre tour de l’Atlantique à la voile avec Thibaut et JP. Nous ne serions probablement pas là sans ce voyage, la boucle est bouclée. Au loin la fameuse bouée rouge à laisser à bâbord (j’en rêvais depuis cinq jours de cette bouée !). Juste devant le port, la zone était complétement protégée du vent, et nos cinq petits copains étaient à l’arrêt en train de tirer des bords dans tous les sens pour la passer. Nous voilà vite dans la même situation avec les locaux en Zodiac qui nous prennent en photo et nous encouragent. Ils auraient aimé qu’on s’arrête pour la fameuse escale, et nous aussi !  Merci à eux, l’accueil était top ! Nous avons réussi à repartir de Horta dans le paquet, et surtout avec un cap clair en tête. Cela nous a permis d’attaquer direct, dans un couloir de vent que nous avions identifié. Deux heures après, patatras ! J’étais de quart, j’allais passer la main à Thibaut. On filait à 13-14 nœuds dans 25 nœuds de vent et le spi est tombé à l’eau, d’un coup ! On a mis 30 minutes à le remonter à bord dans la nuit noire, et on a envoyé le CODE. Demain, nous étudierons la possibilité de monter en tête de mât pour voir si on peut récupérer la drisse de spi qui, d’après les routages, va être très souvent sollicitée… On croise les doigts pour ne pas finir sans drisse de tête. Depuis le temps qu’on rêve de faire du portant ! »